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Etre étudiant(e) et entreprendre : découvrez l'expérience de Marjolaine Grondin, CEO de Jam


Elle n'était à l'époque pas encore diplômée et voulait déjà à conquérir le monde ! En 2012, Marjolaine Grondin, étudiante en Master Sciences-Po HEC avait lancé Blackbird avec Hugo Lepetit, plateforme collaborative ayant pour enjeu de faciliter les échanges et la collaboration entre tous les étudiants d’un campus ou d’une université. Au fil des pivots, Blackbird est devenu Jam, un assistant pour étudiants enrichi à l'intelligence artificielle. Il peut fournir des réponses aux questions que se posent des étudiants perdus lorsqu'ils arrivent à l'étranger, via des textos et messages instantanés.
Aujourd'hui Marjolaine est une startupeuse reconnue de l'écosystème français. Sélectionnée en 2016 par la MIT Technology Review parmi les 5 révélations françaises du numérique, revenons sur son parcours d'étudiante-entrepreneure.

NB : Comment t'es venue l'idée de Blackbird (aujourd'hui Jam) ?

Marjolaine : L'idée est venue lors d'un stage en Afrique du sud au Cap à l'ambassade de France. Je donnais en parallèle des cours de Français à l'université et j'ai été frappée par le manque de structures dont disposaient les étudiants lorsqu'ils souhaitaient communiquer entre eux pour déposer des annonces, demander des services ou échanger des informations. Donc pour sortir du modèle classique du panneau dans le hall où chacun colle sa petite annonce en espérant qu'on la lise, j'ai proposé de trouver un développeur pour créer rapidement un petit site d'annonce spécialement dédié aux étudiants. 

Et en y réflechissant plus longuement, je me suis rendue compte qu'aucun des campus sur lesquels j'avais étudié (Berkeley, Sciences-Po ou HEC) ne faisait mieux. Et du petit site que j'avais imaginé pour le campus du Cap, est venue l'idée d'une véritable plate-forme collaborative pour les étudiants, qui puisse être réplicable à l'infini pour tous les campus.
A cette époque on est en 2011, puis je rentre en France, et en parallèle de mon double Master, je monte une équipe en 2012.

NB : Qu'est-ce qui te plaît le plus dans ta vie d'entrepreneure ?

Marjolaine : De créer tout le temps ! J'ai vraiment besoin de créer et j'ai besoin d'être tout le temps moi-même. Je trouve qu'en entreprise, on a toujours l'impression de laisser un peu de soi à la porte de 9h à 19h, alors qu'en vivant son projet d'entreprenariat, on est toujours à 100%, et j'ai le sentiment que toutes les composantes de ma personnalité sont investies dans le projet.

NB : Selon toi, être étudiant(e) et vouloir devenir entrepreneur(e) reste un choix atypique ? 

Marjolaine : Oui, parce que finalement, l'un des challenges que j'ai rencontré a été le regard des autres. Ce n'était pas évident. Il était pourtant souvent admiratif, parce-que j'avais sauté le pas, et aussi intéressé et curieux de l'aventure que l'on vivait, mais il amenait toujours à devoir se justifier. Les gens ne comprenaient pas pourquoi avec mon diplôme je ne cherchais pas plutôt un emploi stable dans une grande entreprise et un bon salaire à la clef.

NB : En quoi un diplôme comme le tien (double master Sciences-Po Paris - HEC) t'a donné les clefs pour devenir entrepreneure ? Conseilles-tu cette voie à toutes et tous les jeunes qui rêvent d'entreprenariat ?

Marjolaine : Oui absolument ! Bien entendu, la qualité des cours est évidente dans ce cursus, mais au-delà de ça, lorsqu'on est dans une grande école, on a le sentiment que tout est possible. On est entouré d'étudiants internationaux, d'intervenants et de role models de haut niveau, et tous les rêves professionnels deviennent accessibles si l'on travaille et que l'on s'en donne la peine. C'est vraiment ça qui m'a donné la force de croire depuis mes 21 ans que j'allais être capable de créer un réseau pour les étudiants du monde entier.

NB : As-tu senti des différences entre les (jeunes) femmes et les (jeunes) hommes pendant tes études ou lors de ta création d'entreprise ?

Marjolaine : Pendant mes études pas du tout, je n'ai senti aucune différence entre les hommes et les femmes. En revanche, dans l'entreprenariat oui. Les équipes d'entrepreneurs sont très majoritairement masculines. Mais je trouve que c'est une chance pour moi d'être une femme car lorsqu'on participe à des compétitions ou à des pitchs, parmi tous les candidats hommes, le seul fait d'être une femme donne de la visibilité. 
 





              


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