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#STARTUP : Découverte de l'économie numérique ultra dynamique de l'Estonie où 40% des entrepreneurs sont des femmes



Paru dans madame.lefigaro.fr


Extrait

"Aujourd’hui, je ne peux plus imaginer remplir une feuille d’impôt sur papier ou faire la queue pour une quelconque démarche administrative ! » s’étranglerait presque Dea Oja, programmatrice de formation. Il y a trois ans, cette quadra a cofondé avec Ann Runnel la start-up Ignite, qui propose d’améliorer les performances digitales des entreprises. Ancrées dans leur époque, ces deux entrepreneuses sont parfaitement bilingues en anglais, comme la plupart des femmes de leur génération nées en Estonie, terre nordique située sur la mer Baltique. Cette petite nation de la taille des Pays-Bas mais dix fois moins peuplée (1,3 million d’habitants) n’a gagné son indépendance qu’en 1991, à la chute de l’URSS. Dès lors, elle s’est ouverte sans retenue au capitalisme, envoyant aux oubliettes les lourdeurs administratives de l’ère soviétique.

Parti de zéro en 1991

«À l’indépendance, nous manquions de ressources, mais nous avions des ingénieurs très qualifiés», indique Martin Goroško, responsable de l’incubateur de Tehnopol, immense campus de cinquante-cinq mille mètres carrés qui accompagne la création des start-up à Tallinn, la capitale. Reparti de zéro, le pays a donc sauté des étapes en procédant immédiatement à l’informatisation des tâches. Résultat : en l’espace d’une génération, l’Estonie - dont seulement 50 % de la population avait accès au téléphone en 1991 - est devenue le pays le plus innovant du monde en matière de digitalisation. Ainsi, 99 % des démarches administratives se font en ligne, 99,8 % des transactions bancaires sont dématérialisées, le vote électronique est de plus en plus populaire (environ 40 % des suffrages). Dea Oja pense même jeter son imprimante de bureau : le papier, elle ne sait plus ce que c’est.

La vie numérique

En Estonie sont déjà installées 30 % des start-up européennes. À Tallinn, ces dernières fleurissent au sein d’anciennes usines reconverties en bureaux branchés, qui accueillent décoration design, café à volonté et équipes internationales : un vent de cool, inspiré de la Silicon Valley. Cette modernité dépasse la bulle des start-up : dans les rues, on peut croiser un robot blanc, prototype de la société Starship, qui devrait bientôt livrer de petits colis chez les particuliers, tandis que les Estoniens mettent en contact leurs cartes de visite digitales, pendues à leur cou, pour échanger leurs informations personnelles.  Vu de France, le modèle détonne : dès l’âge de 15 ans, les citoyens possèdent une carte d’identité dotée d’une puce qui contient les informations personnelles. Branchée sur un ordinateur, et après deux codes secrets qui sécurisent la connexion, la carte permet de payer ses impôts, de vendre ou d’acheter une voiture, d’obtenir des ordonnances médicales virtuelles, de signer des contrats, d’enregistrer le prénom de son nouveau-né… «Rien que la mise en place de la signature électronique a permis d’économiser 2 % du PNB», estime Arnaud Castaignet, un trentenaire français qui travaille pour le gouvernement estonien sur les questions numériques. Il est aussi possible de créer son entreprise en dix minutes montre en main, depuis n’importe quel hotspot, loin des dédales de l’administration française. Les citoyens sont encouragés à voter en ligne et à déposer en ligne des requêtes aux députés...."












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